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Accueil Date de création : 13/07/07 Dernière mise à jour : 21/11/09 14:23 / 182 articles publiés
 

Them Crooked Vultures | Monster on the loose  (Discotheque) posté le samedi 21 novembre 2009 14:23

Le super groupe est un ovni dans l'univers du rock. Les associations temporaires de musiciens pour des projets de courte durée étant plutôt au registre des habitudes de jazzeux. Cependant ça se fait de plus en plus commun. On a eu quelques poignées d'exemples par le passé comme David Coverdale & Jimmy Page, ou plus récemment Audioslave (voix de Soundgarden + ex-Rage Against The Machine). Le résultat n'est pas toujours transcendant et on a souvent l'impression de s'être fait plumer après avoir écouter la galette. Des mecs avec des antécédents prestigieux se mettent ensemble et on se dit que ça va le faire... forcément! Et puis non. Le concept de Dream team fonctionne déjà assez mal en sport alors en musique... Ca ne fait généralement que renforcer l'idée que le concept de groupe où les individus sont dilués dans le collectif est bien ce qui marche le mieux en rock. On a appris récemment la venue de deux super groupes. L'un avec Chad Smith (Red Hot Chili Peppers) à la batterie, Sammy Hagar et Michael Anthony (Van Halen) à la basse et au chant, accompagnés par Joe Satriani à la guitare et réunis sous le nom de Chicken Foot. L'autre avec Dave Grohl (Nirvana, Foo Fighters, Queen Of The Stone Age) à la batterie, Josh Homme (QOTSA) à la guitare et au chant, et John Paul Jones (Led Zeppelin) à la basse et aux claviers sous le nom de Them Crooked Vultures.

On se dit waou!!!! Ca va dépoter tout ça. Alors on va sur internet. On ouvre impatiemment les pages myspace des uns et des autres. Et là force est de constater que les deux super groupes ne jouent pas du tout dans la même catégorie. Si on en croit les extraits présents sur leur page, Chicken Foot présente un rock blues à papa au son vieillot et son grand intérêt. Un agglomérat de riffs plan-plan. C'est très bien joué (les mecs sont de pros encore heureux qu'ils savent mettre un blues en place!?). C'est tout. Circuler y a rien à voir. On ouvre alors la page de Them Crooked Vultures. Et là Bam!!! La gifle. gros son, gros riff, moderne, intelligent. On regarde la date de sortie officielle et on attend avec impatience. Le disque est désormais là alors parlons-en !

Attention poids lourd! Voilà ce qui devrait figurer sur la pochette de cet album éponyme. Them Crooked Vultures livre un paquet chargé à bloc. Le son est profond, lourd, parfaitement équilibré, moderne, pêchu et j'en passe. Une production impeccable. On a affaire à un équilibre parfait entre le gros son seventies et les approches modernes de la scène grunge du milieu des années 90. Le disque n'est pas sur-boosté à l'extrême ce qui laisse la place à des variations de volume assez importantes et permet une mise en valeur des passages calmes et énervés.

Je ne vais pas passer tous les titres en revue mais il y a du Led Zep (No One Loves Me, Reptiles), du King Crimson (New Fang), une nonchalance à la Joe Strummer (Mind Eraser), des airs de Bowie et Iggy Pop (Spinning in the Daffodils), des ambiances plombées à la Soundgarden (Interlude with Ludes) des morceaux à tiroir (Elephants), même du Stevie Wonder (passage solo de Scumbag Blues), du psychédélique etc etc... Pourtant l'album ne sonne comme rien de ce que j'ai pu écouter précédemment. Il y a une vraie identité qui se dégage. Le groupe a vraiment travailler ensemble. Ca se sent. Même si ceux qui ont écouter les albums solos de John Paul Jones noteront l'influence énorme du Monsieur sur cette galette. Ses recherches sonores mêlant basse, 4, 6 et 12 cordes et son goût prononcé pour le gros riff qui balance traversent le disque de part en part.

J'ai récemment vu leur prestation au festival de Reading sur BBC2 et les concerts ne font que confirmer tout le bien qui ressort de l'écoute de l'album. On est en présence d'un groupe, pas d'un collage de célébrité pour faire mumuse le temps d'une tounée. On ne sait pas s'ils vont rester ensemble longtemps mais ce projet était un vrai et ils sont allés au bout de leur travail.

Certainement la meilleure galette de l'année en ce qui me concerne. Le temps nous dira si d'un bon disque elle devient un grand disque. De mon point de vue c'est le genre d'album qu'on écoute, réécoute, dont on s'imprègne. Le genre qui reste dans la chaine hi-fi pendant des semaines. Les morceaux sont suffisament denses pour transcender les ambiances, les envies et les humeurs du moment. Un sans faute.

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Gossip | Live In Liverpool  (Discotheque) posté le mercredi 18 novembre 2009 22:44

Peu après l'article de Cédric sur l'album de la fille d'Higelin où il comparait la demoiselle à Beth Ditto, chanteuse de Gossip, je suis tombé sur l'émission Live At Abbey Road Studio. Goosip y joua un morceau qui m'a plu. Je suis, dans les jours qui suivèrent, tombé nez à nez avec ce CD/DVD Live In Liverpool que je décida donc d'acheter pour approfondir le sujet.

J'y découvre un groupe à la musique simple et ténue. Un rock minimaliste assez pop où les riffs accrocheurs cotoyent une batterie mi-disco mi-punk. Le trio, guitare ou basse, batterie et chant est un exercice difficile. Personne en peut s'écarter de sa partie sous peine de voir l'édifice s'effondrer. Le peu d'espace de liberté est evidemment trusté par le chant car les instruments se doivent une confiance mutuelle de tous les instants.

Malgré l'image de groupe pop pour  d'jeunes que véhicule ce concert (la foule est très jeune) et leurs looks de rockeurs anglais (ils sont pourtant américains) avec cheveux en plastique et un goût prononcé pour les associations de couleurs improbables, le groupe va plus loin qu'une simple pop tubesque pour suprise partie. Les sons de guitare et les envolées vocales sortent le groupe de la guimave et le rapproche d'une énergie stoogienne toujours bone à prendre. Les cris de Beth Ditto saturent très vite et donnent un coup de boost aux titres.

Le groupe alterne intelligement les titres énervés, calmes, mélodiques et rythmiques pour livrer un concert compact et efficace dans une salle remplis de kids chauffés à blanc. Du très bon rock qui va droit au but.

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www.laguitare.com parle de nous | KO debout  (Copinage) posté le lundi 16 novembre 2009 21:23

"KO debout, voilà ce que l'on ressent, Orpheus est une bête de scène"

Lire la chronique dans son intégralité sur le site de laguitare.com

 Pendant qu'on est dans l'auto promotion la plus crasse, sachez qu'Orpheus sera prochainement à l'honneur sur FAV91.3FM.  Nous avons enregistré une interview pour une émission spéciale Orphéus d'une heure !!! Plus de précision dès que la date de diffusion est décidée.

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The Genius Sings The Blues | Songs For Shitty Sundays  (Discotheque) posté le dimanche 25 octobre 2009 18:39

Après le canulard de la semaine dernière qui a fait plonger tout le monde et mis le feu aux poudres revenons aux choses "sérieuses" avec un album de Ray Charles pour dimanches pluvieux.

Ray Charles. Pas besoin de le présenter, tout le monde le connait. C'est certainement l'une des figures les plus emblêmatiques de la musique et pourtant sa discographie reste une nébuleuse où il est difficile de se retrouver. Ca fait des années que je tourne autour en me disant "aller prends en un ou deux tu verras bien". J'ai fini par acheter quelques galettes avec plus ou moins de bonheur à la clé. Le principal problème réside dans le fait que certaines galettes sont instrumentales et d'autres chantées. Ce n'est pas toujours écrit sur la jaquette si l'ami Ray est au piano ET au chant ou juste au piano. Si on aime la musique d'ascenceur ou les ambiances piano-bar pour dépressifs enchaînant les doubles scotchs on se précipitera sur The Genius After Hours pour une série de morceaux easy listenings des plus soporifiques. Si, au contraire on est à la recherche du timbre vocal inimitable du Genius on fera bien attention à prendre des disques où il est effectivement au micro.

"Early in the morning, I ain't got nothing but the blues"

Pour ce week-end de passage à l'heure d'hiver je conseille The Genius Sings The Blues. Ray Charles y enchaîne compositions originales et quelques standards. Le blues est un style à haut risque. Autant il est des genres musicaux qui peuvent miser sur une facilité intrinsèque comme la funk, les musiques latinos ou le métal où respectivement les rythmes endiablés et l'énergie aident à accrocher l'oreille et le pied de l'auditeur autant le blues si on a pas affaire à un maître du genre on va droit dans le mur.

"Have you ever woke up in the morning sometimes, Just about the break of day"

C'est en maître que Ray Charles traverse les 12 titres et 34 minutes de cette galette simple et efficace qui ne demande qu'une fine pluie d'automne pour l'accompagner.

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Taillés sur Mesure - Ward Léonard  (Discotheque) posté le dimanche 18 octobre 2009 15:20

Taillés sur mesure, c’est le titre du 2ème album des Ward Léonard. Album que je n'ai pas aimé.

Tout d’abord, le livret mélange un lettrage semi-punk refoulé et propre sur lui, basé sur l’utilisation de gros carrés de couleurs venant contraster le texte ici ou là, de fausses taches d’encre (qu'on croyait réservées au capots de Renault 5 immatriculées entre 1983 et 1986) et un jeu de couleurs noir-rouge-blanc façon Jeanne Mass. Le tout agrémenté de photos où le groupe se met en scène en tenu d’ouvriers et qui pour bien montrer sa rébellion envers la bourgeoisie (le capital ?) va pendre son manager (habillé en costard histoire d’être sûr qu’on ne rate pas le message) à la chaîne de l’électro-aimant de l’usine… La pochette enfin est assez fadasse même si le logo avec son effet inclinaison/rotation 3D rappelle que, quand même, quand on maîtrise PaintBrush on peut faire des trucs sympas…  Je n’ai par ailleurs pas compris pourquoi le « taillés » du titre prend un « s » à la fin mais bon passons sur ce détail.

Détail qui n’en serait qu’un si un simple survol du livret ne laissait entrevoir une bonne poignée de coquilles aussi diverses que variées. Les licenciement sans « s » (c’est peut-être celui-là qui est venu se coller en fourbe sur la pochette !!) , Maryline (sic) Monroe, ou encore le premier couplet de Si tu crois en Dieu avec son absence cruelle d’accords pluriels. Ces quelques boulettes ne doivent en rien cacher le fait que le groupe fait des efforts en matière de rimes. On connaissait les rimes plates (AABB), embrassées (ABBA) ou croisées (ABAB) mais les Ward, en fin poètes, vont jusqu’à faire de la rime sériée (AAAA : foi, djellaba, kipa, rois (Si tu crois en Dieu)),  bi-sériée (AAAAAA : endimanché, travailler, serrées, juillet, restructuré, délocalisé (Les Costards)) et même tri-sériée avec un enchaînement de huit rimes en « hein », dont 3 fois le même mot (!), sur le premier couplet de Monsieur Dupont (bien, chien, bien, patins, train-train, bien, moyens, main) !!! Belle performance !!!

Les textes, bien que de bonne facture, tournent un peu facilement au discours moralisateur. Le travail des enfants, c’est pas bien, et puis la pollution, hum hum, pas bien non plus… et puis alors les guerres en Afrique, tut tut c’est mal. Mais moi j’ai la conscience clean quand je vais de chez moi au local de répèt’ dans ma grosse bagnole qui roule au Diesel ou quand j’achète des fringues cousus en Chine ou en Thaïlande. C’est vrai quoi je ne suis qu’un petit, je n’ai pas le choix alors que les gros riches qui nous dirigent sont responsables de tout. Mouais. Le texte engagé est un exercice difficile et il faut peu de choses pour glisser vers la leçon de morale ou la désinformation. Le slam d’intro de Droit de Cité ou Si tu Crois en Dieu n’échappent pas non plus à cet écueil et participent à l'édification d'un Rock Paternaliste.

Côté musique ceux qui connaissent Les Wards savent qu’ils répètent de façon obsessionnelle. Le moindre détail de chaque partie doit être connu pour éviter toute improvisation. C’est une prothèse à leur manque général de confiance en leur niveau et qualité de musiciens (qui sont par ailleurs très bons, c’est bien là le gachis). En concert cette précision est distendue par les aléas du direct et insère dans les rythmiques métronomiques un souffle salutaire qui les fait groover et les transforment en rythmiques atomiques. Malheureusement, sur disque on frise l’asphyxie. Cette frénésie de précision quasi scolaire en termes de mise en place s’accompagne d’un choix de mixage des plus désastreux. C’est pro… clean… je suis sûr que ça répond à tous les critères de mise en bacs ou de passage radio mais on s’y emmerde presqu'autant que sur un album d'Orphéus ! Le groupe qui pourrait tout arracher sur son passage se retrouve à sonner comme Indochine (Où étais-tu hier, Les Costards). Catastrophe ! Même Le Train, morceau punk débridé sensé aller droit au but, se retrouve remis sur les rails de la raison par cette manie de vouloir être propre. Résultat le brûlot tourne à la comptine. Dommage.

Vraiment dommage car s’il est bien quelque chose qui force le respect sur le disque c’est la cohésion de la section rythmique du groupe. Deux guitares, basse, batterie et clavier qui s’entremêlent et se répartissent la tache à merveille. Avec une mention spéciale pour la basse et la batterie. La basse évite intelligemment la tentation de rythmiques en shuffle façon Maiden pour proposer des lignes inventives et efficaces qui sortent des sentiers rebattus du rock alternatif. La batterie quant à elle, même si elle respecte les codes du genre, nous gratifie de breaks bien sentis et originaux ce qui n’est pas évident dans le style joué par le groupe. Quel dommage qu'elle soit égalisée comme un baril d’Ariel et que la basse soit au fond du mix, tout comme les chœurs pourtant superbes de José et Laurent.

On aimerait pouvoir également saluer les solos. Pourtant, bien que fins musiciens et arrangeurs talentueux Richard (claviers) et José (Guitare) sont un peu courts lorsqu’il faut placer une envolée inspirée. Les solos restent assez bateaux et sentent l’exécution de plans-plans bien répétés en amont au détriment  de toute émotion. Un sentiment conforté par la cruelle comparaison avec le solo groovy, bluesy et inspiré de Les As joué par Rodolphe (ex-membre du group invité sur ce titre).

Au final le groupe trouve le salut dans les morceaux mid-tempo comme Politiciens ou Les As qui arrivent miraculeusement à échapper au son et au mixage façon  « le rock alternatif pour mes parents ». Certes, il y a les apports extérieurs (Yann aux percus sur Politiciens, Rudy à la gratte et Bibou au chant sur Les As) qui concourent à plus de fraîcheur sur ces titres mais je crois aussi que ce sont de bien meilleures compos. Si l’album avait commencé par Les As suivi de Politiciens et fini sur une version débridée de Le Train tournant au cataclysme sonore façon Helter Skelter du 21ème siècle on aurait pardonné tout le reste car avoir deux excellents titres et un hymne sur un disque est une performance qui doit être saluée à son juste niveau. Mais, noyés dans la masse ou desservis par les choix de studio, ces titres phares n’arrivent pas à sauver un disque qui plaira à beaucoup de monde par son côté lisse mais laissera les amateurs du groupe sur leur faim.

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